samedi 31 août 2019

Mettez-vous à l’école (Si 51,23)

αὐλίσθητε ἐν οἴκῳ παιδείας
aulisthète en oikôi paideias

Chers amis,
Depuis lundi dernier, rien de particulier… Le titre de ce billet n’est pas pour moi : cela fait un mois maintenant que je suis retourné à l’école… C’est pour les élèves des Écoles des Frères à Jérusalem et Bethléem. Ils ont eu la rentrée lundi.
C’était pour les plus petits : vous connaissez tous ce spectacle des pleurs déchirants des tout-petits qui ne veulent pas rester loin de leur maman. Heureusement, ici, un grand lapin rose et blanc les accueillait pour les rassurer (ou pas !).
L’après-midi et le mardi, c’était les plus grands. C’est comme ça que mardi matin, en allant à la chapelle à 6 h 30, je tombe nez à nez avec une élève dans le couloir de la communauté ! Quelques mots d’anglais… Elle était arrivée tôt pour être sûre d’être à l’heure mais cherchait son chemin. La porte de la communauté était restée ouverte (quand elle est rabattue, on ne peut pas l’ouvrir de l’extérieur !). Il faut reprendre les bonnes habitudes maintenant que la rentrée est faite.
Mardi matin, en passant dans la cour, j’ai jeté un coup d’œil sur les listes des élèves. Pas mal de Georges et de Simone (des chrétiens) puis toutes les variantes des prénoms musulmans. Mais surtout, j’ai vu qu’une élève s’appelle Jeanne Dark ! J’espère que c’est une erreur de transcription de la secrétaire du Collège parce que c’est pas folichon !
Mais le redémarrage se fait en douceur… Lundi et mardi, c’était la reprise, chacun à son heure. Mercredi, pour la Dormition de la Mère de Dieu (l’Assomption dans le calendrier orthodoxe), les écoles chrétiennes de Bethléem avaient congé (paroisse, patriarcat, franciscains, Frères des Écoles chrétiennes…). Jeudi cours normal, vendredi congé normal et ce samedi matin, en sortant, je me rends compte qu’il n’y a pas d’élèves… Normalement, quand je sors, la cloche sonne et les enfants doivent se mettre en rang.
Je demande au portier :
– Ma fish ulad ?
– La.
– Lèsh ?
– A feast for muslims… (Toutes les occasions sont bonnes). Après, tu m’étonnes que le dialogue œcuménique et interreligieux ait du mal à avancer… Les gens ont pas envie de perdre des jours de congé ! Renseignements pris, c’est la veille du jour de l’an dans le calendrier musulman… L’équivalent de leur 31 décembre. Dans un mois, ce sera Rosh haShana, la “tête de l’année” chez les Juifs.
La reprise des cours a aussi bien amélioré l'ordinaire : déjà lundi, Suzanne avait fait un poulet-maftoul. Le mardi, on a eu musakhan, la version palestinienne du tacos mexicain... Mais la galette est faite avec du pain, un truc bien étouffe-chrétien. Heureusement, Suzanne avait émincé le poulet (pas de demi-poulet ou de morceaux entiers comme des pilons ou des ailes comme c'est l'habitude...). Le poulet est assaisonné avec des oignons presque confits, des pignons ou des amandes et du sumac, une épice rouge typique. C'est délicieux, mais ensuite, on passe l'après-midi en mode digestion...
Sinon, jeudi, en allant à l’École, je longeais la voie du tramway (ça permet d’aller un poil plus vite). J’étais plongé dans ma lecture (une biographie de Lawrence d’Arabie)… Et un policier m’interpelle… Oups ! En fait, il me demandait de faire un détour, à cause d’un colis suspect sous les palmiers. J’ai donc dû longer la muraille de la Vieille Ville, jusqu’à la porte de Damas puis remonter la route de Naplouse jusqu’à l’École. Je pense que c’était une fausse alerte car on n’a pas entendu ensuite d’explosion ou de sirènes de police (ils adorent faire du bruit !).
La biographie de Lawrence d’Arabie est passionnante. L’auteur approfondit évidemment la période de la Révolte arabe de 1916-1918, avec entre autres la fameuse prise d’Aqaba mais il parle aussi de l’avant-guerre pendant lequel Lawrence faisait l’archéologue en Syrie. Et de l’après-guerre, où il s’est réengagé dans la RAF comme simple soldat, incognito pour fuir sa notoriété, qu’il entretenait pourtant savamment par la publication de ses souvenirs (les fameux Sept Piliers de la Sagesse). Le bouquin est passionnant, car on sort un peu du mythe cinématographique, on voit un peu la face sombre mais aussi le côté primesautier et imprévisible du personnage. Finalement très british. Comme lorsque dans le film, il dit : « This is going to be fun !
– Lawrence, only two kinds of creature get fun in the desert: Bedouins and gods, and you're neither. Take it from me, for ordinary men, it's a burning, fiery furnace.
– No, Dryden, it's going to be fun.
– It is recognized that you have a funny sense of fun.
Et là, il y a le fameux plan où Lawrence souffle sur son allumette et laisse la place au lever de soleil sur le désert… Et la musique de Maurice Jarre...
Le ciné à son sommet !
Samedi matin en allant à l’École, je croise le groupe des séminaristes du diocèse de Meaux avec leur évêque, Mgr Nahmias et leur DDFM. L’après-midi, balade. Un joli tour…
Dimanche, je devais aller au Musée d’Israël avec Marie-Claire, mais il y a un changement de programme… Pas de musée donc, et je vais en profiter pour faire un bon tour.
À bientôt,
Étienne+

lundi 26 août 2019

Produit de l’art et de l’imagination (Ac 17,29)

χαράγματι τέχνης καὶ ἐνθυμήσεως
Charagmati technès kai enthumèseôx

Chers amis,
Quelques jours calmes à travailler à la bibliothèque… Un matin, en allant à l’École, j’ai croisé Rébecca qui allait à la clinique où elle exerce. Samedi, contrairement à mes habitudes, je ne suis pas allé me promener. Il faisait un peu chaud et surtout, je m’avançais dans mon travail pour me libérer ce lundi après-midi.
Ce dimanche, je suis allé à la messe à Abu Gosh, Laurent-Pierre m’a très gentiment rendu ce service. Il y avait peu de monde à la messe mais, ce fut très beau. Je suis parti rapidement pour récupérer le premier bus vers Jérusalem.
Un bon shakshouka !
Heureusement, je n’ai pas trop attendu. J’avais rendez-vous avec Marie-Claire pour passer l’après-midi ensemble. Nous nous sommes retrouvés en bas de la rue Ben Yehouda. D’abord, il était déjà presque 13h30 et le plus pressé était de manger. Nous avons opté pour la terrasse d’un petit restaurant de bagel dans la rue piétonne : une petite salade, un bagel avec deux accompagnements, un shakshouka (la ratatouille était déjà bien liquéfiée) et un ice coffee. Puis nous sommes allés visiter le musée d’art juif italien de Jérusalem. Je l’avais déjà vu en février 2018 mais Marie-Claire ne connaissait pas.
Le type à l’entrée était vraiment super sympa. J’ai commencé à parler avec lui en italien puisque nous sommes dans la synagogue italienne. Puis il s’est mis à parler en français et, dans son français, il y avait quelque chose de spécial : il prononçait “travaij” au lieu de travail. Et en discutant avec lui, il nous a dit qu’il était né au Chili, d’une mère mexicaine et d’un père suisse (donc il parle aussi espagnol et allemand…). Il nous a montré le musée et était très intéressant.
Robe pour la circoncision !
Déjà, il nous a fait une réduction sur le prix d’entrée. L’exposition avait un peu changé par rapport à la dernière fois : cette fois-ci, il y avait surtout des exemples d’ouvrages de femmes juives italiennes : voiles pour la Torah – car dans le rite romain, il y a une bénédiction particulière pour la femme qui réalise ce type de voile –, vêtements pour la circoncision (avec une robe que l’on aurait pu croire faite pour un baptême !)… Des citations de Proverbes 31 illustraient les pièces exposées. Pour rentrer dans la synagogue, j’avais oublié d’apporter ma kippa… Je suis allé en demander une au gars de l’entrée. Il m’en tend une et me dit : « Ma è da cardinale ! Forse, è un presagio… » Je lui ai dit merci pour la kippa, qui était pourpre en effet. S'il savait de quel cardinal j'ai porté la calotte, il tomberait dans les pommes!
Au moment de sortir, il nous invite à aller voir au rez-de-chaussée, sous la synagogue, l’ancienne salle-à-manger de l’hospice allemand, devenu aujourd’hui le musée. Le plafond est décorée de fresques avec des phrases en latin, allemand, hébreu, grec, syriaque et arabe et des scènes bibliques de l’Ancien et du Nouveau Testament, autour du thème de la nourriture. (Dans la Bible, ça doit pas être trop difficile…) : Moïse dans le désert, la tentation au désert, Élie nourri par les corbeaux, la Samaritaine. Ce qui m’a soufflé, c’est que le type connaissait les noms des épisodes néo-testamentaires ! Il nous a fait remarquer au plafond, deux visages : l’un porte un tarbouche et l’autre un turban. Il s’agit du gouverneur ottoman au XIXe siècle et du sultan de Constantinople de l’époque.
Deux têtes qui vous surveillent...
Puis le type nous a dit que son oncle il y a plus de 80 ans s’était converti au christianisme et qu’il était devenu assomptionniste. Il a fini ses jours dans une maison de la communauté à Toulouse et quand on sait que Marie-Claire est très proche des Assomptionnistes et qu’elle habite Toulouse… La boucle était bouclée.
Après cette passionnante visite, nous sommes rentrés chacun chez soi. Il faisait bien cagnard. J’ai fait un détour par le Saint-Sépulcre mais il y avait tellement de monde… À la maison, j’ai bu des litres d’eau. Je n’avais pas pris d’eau pour la journée et je devais être déshydratée.
Lundi matin, matinée normale à la bibliothèque. Je suis en plein dans les « Malheurs ! ». Je suis rentré déjeuner. Et j’ai eu la surprise de voir que le Frère Luis était retourné à Jaffa alors que nous avions pris le petit-déjeuner ensemble et qu’il n’en avait rien dit ! Ni Frère Malak, ni Frère Daoud n’étaient au courant. Bon…
À 15 h, rendez-vous avec Marie-Claire à l’arrêt de bus en bas de la Porte de Jaffa pour prendre le 231 vers Bethléem. Il n’a pas tardé à nous récupérer mais il a fini par nous déposer à Bab el Sqaq à 16h pétantes...
Je suis allé d’un bon pas à la place de la Mangeoire faire une emplette (quelques savons de Naplouse) puis je suis allé au Carmel. En effet, on célébrait la messe de la solennité de sainte Marie de Jésus-crucifié (avec mon portable, le correcteur orthographique me propose “Jésus-certifié” !). Normalement, elle est fêtée le 25 août (sauf en France, où c’est le 30 août à cause de la mémoire de saint Louis).
Chapelle du Carmel de Bethléem.
Le reliquaire est à droite derrière la caméra
La chapelle du carmel n’est pas très grande, date des années 1870-80 et a une sobriété qui fait penser à Notre-Dame de la Garde à Marseille… Pas mal de prêtres étaient là, donc le Fr. Jean-Emmanuel de Ena, ocd de la province d’Avignon-Aquitaine que j’ai connu à Toulouse où il était prieur. Mais aussi le P. William-Marie Merchat, du diocèse de Nîmes avec lequel j’ai enregistré deux CD. Monseigneur Marcuzzo, évêque auxiliaire du Patriarcat de Jérusalem, présidait ; il en a profité pour célébrer ses 50 ans d’ordination sacerdotale. La messe était en arabe. Belle messe, avec toutefois le stress du micro : il ne fonctionnait pas aussi bien qu’on aurait pu s’y attendre… Pendant la messe, je me disais qu’il n’y avait pas beaucoup de religieuses dans l’assemblée et, en passant devant la grille du chœur des carmélites pour aller communier à l’autel, j’ai compris : elles y étaient toutes (brigittines, sœurs polonaises, sœurs du Rosaire, petites sœurs de Jésus et sœurs des Béat’...). Après la messe, j’ai salué Mgr Jules-Joseph, archéparque (= archevêque grec-catholique melkite) grec-catholique émérite de de Jérusalem. Il s’est retiré il y a un an et demi et ne sort plus guère. Mais il a fait une exception pour la petite sainte palestinienne pour laquelle il éprouve une grande dévotion.
Évidemment, il y avait des rafraîchissements et des gâteaux à la sortie de la messe. Là encore, pas de poubelle prévue et donc les gens empilaient leurs assiettes dans un coin ! Marie-Claire et moi étions estomaqués.
Frère Daoud était venu à la messe et nous a raccompagnés. À 19 h 30, j’étais à la maison et nous avons donc dîné un peu plus tôt. Ce qui me laisse le temps de vous écrire. Bientôt la suite de mes aventures en Terre Sainte.
À bientôt,
Étienne+

mardi 20 août 2019

De chez Caïphe (Jn 18,28)

ἀπὸ τοῦ Καϊάφα
apo tou Kaïapha

Chers amis,
Bientôt une semaine que je ne vous ai pas écrit… Ma vie d’étudiant est calme… Mais il est vrai que cette semaine enfin, la bibliothèque sera ouverte sans interruption. Mes premières semaines ont toutes deux connu un jeudi de fermeture : pour la Saint-Dominique et l’Assomption. Départ en douceur, donc et maintenant, rythme de croisière.
Samedi, je suis allé me promener dans l’après-midi, j’ai suivi la voie du tramway puis j’ai baguenaudé. J’ai eu de la chance. Vendredi il a fait bien chaud (35° C) mais samedi la température avait bien descendu.
Dimanche, je suis allé à la messe à la paroisse. Un franciscain croate a célébré la messe en arabe. L’ancien curé est déjà parti et le nouveau n’arrivera que dimanche prochain. Et le diacre Firaz est venu “diaconer” depuis le patriarcat latin où il exerce sa nouvelle mission, secrétaire de l’administrateur apostolique. La messe est annoncée sur le site Internet comme high mass, j’imagine que cela signifie “grand messe”. Mais elle n’a pas été longue. Et surtout, les chants étaient horribles : on ne peut pas imaginer qu’il soit possible de chanter aussi faux…
L’ossuaire “de Caïphe” au Musée d’Israël
L’après-midi, je me suis encore promené. J’avais projeté d’aller à la découverte de la “tombe de Caïphe”. En 1990, lors de travaux pour l’aménagement d’un parc, on a mis au jour une petite tombe, dans le style des tombes juives du premier siècle de notre ère : une cavité creusée dans le rocher avec quelques kokhim (כוכים, en hébreu fours) une sorte de petit tunnel en cul-de-sac, dans lequel on plaçait les ossuaires. À l’époque de Jésus, les tombes revenaient assez cher (il fallait creuser le rocher !) et on optimisait l’espace. Toute la famille partageait la tombe (dans cette tombe, assez petite, on a retrouvé les restes de 63 personnes). Lorsqu’un membre de la famille mourait, on le déposait sur une banquette et on attendait une année. Au bout de ce temps, il ne restait plus que les os que l’on rassemblait dans un ossuaire, une grosse boîte en calcaire tendre que l’on décorait plus ou moins en fonction des moyens du commanditaire. Parfois, on inscrivait le nom du défunt. Vu la qualité des inscriptions, ça n’était pas pour se souvenir des noms : la plupart du temps les inscriptions ne sont lisibles que par des spécialistes d’épigraphie (la science des inscriptions). La taille d'un ossuaire permet d'estimer la taille du mort à l'intérieur : la diagonale intérieure du coffret correspond à la longueur du fémur (l'os le plus long du corps humain). On n'allait pas s'énerver à faire un ossuaire plus grand que nécessaire. Comme vous pouvez le voir sur la photo, l'ossuaire “de Caïphe” est très orné. Des ossuaires, on en trouve à la pelle dans les musées archéologiques, les magasins d'antiquité et les tombes encore à découvrir dans la région.
Dans la tombe de Caïphe, on a retrouvé plusieurs ossuaires, dont un portant l’inscription jhwsp br qyp’. Les archéologues ont compris cette inscription comme Joseph fils de Caïphe. Et le lien s’est fait avec le personnage évangélique que l’on connaît dans les Antiquités Judaïques sous le nom “Joseph, appelé aussi Caïphe”.
Le lieu a donc été dénommé, « tombe de la famille de Caïphe ». Même si les spécialistes ne sont pas d'accord sur l'attribution à ce personnage illustre : la tombe est assez petite et humble pour une famille si importante que celle du grand prêtre. J’ai retrouvé sans difficulté le lieu, dans un parc nommé “Forêt de la Paix”, ce qui était le no man’s land entre Israël et la Jordanie de 1949 à 1967.
La pyramide à côté de laquelle se situait la tombe
C’est à un carrefour, mais on ne voit absolument aucun vestige. Je pense que les travaux de voirie ont réduit à néant les restes de la tombe (elle avait déjà était bien endommagé lorsque les ouvriers sont littéralement “tombés” dedans, et pas dessus). Le site est aménagé avec des murets qui serpentent : les gens peuvent aller y pique-niquer. Ah, le pique-nique dans le pays ! Quelle institution !
Pour vous, un pique-nique, c’est un sandwich au pâté, un paquet de chips, un kiri et une pomme. En terre sainte, pas de vrai pique-nique sans grillades ! Sinon, on a l’impression de ne pas avoir mangé. Les gens apportent un petit barbecue portable, souvent fait maison, le charbon de bois et on fait griller les brochettes d’agneau et de poulet. Surprise pour le Français que je suis de voir que l’on peut faire du feu à peu près là où on veut, dans ce pays où il n’a pas plu depuis le 21 avril (dimanche de Pâques). Quand on part pique-niquer, ne soyons pas chiches, place à l’abondance de viandes. On fait aussi griller des poivrons et des oignons (quand je dis griller, c’est plutôt carboniser). 
On mange le tout dans des assiettes en plastique (ça n’est pas encore interdit par ici. En plus, c’est beaucoup plus simple pour gérer les règles de kashrout) et une fois qu’on a fini, on s’en va en remportant le barbecue artisanal (mais on laisse tout le reste en tas : reliefs du festin et vaisselle en plastique). Je suis estomaqué de voir la saleté des parcs dans le pays (quel que soit le côté où l’on se trouve). 
En fait, en Orient, la notion d’espace public n’existe pas (ou alors, c’est pas la même). Les gens ont leur chez eux, qu’ils tiennent propre et soigné. Une fois dehors, on s’en fiche, on laisse les choses sales, traîner. Y aura bien quelqu’un pour nettoyer… ou pas !
Après j’ai continué mon tour et j’ai traversé le parc Teddy, qui était blindé de familles juives, observants ou non. J’ai essayé de me renseigner sur la raison de cette foule mais je n’ai rien eu de concluant. Normalement, la fête de ce moment c’est tou beav, mais qui tombait le vendredi et non pas le dimanche. Enfin, le lendemain, le parc ne devait pas être beau à voir avec tous les restes de pique-nique…
Lundi à midi, nous avons eu la bonne surprise de la compagnie du Frère Jean. Né à Beersheva en 1932, il est d’une famille palestinienne de Jérusalem. C’est un homme délicieux, délicat, qui parle un joli français et donc la conversation est toujours bienveillante, drôle et captivante. C’était aussi la fête de la Transfiguration dans le calendrier julien (des chrétiens d’Orient). Ce fut l’occasion pour Frère Jean et Suzanne, la cuisinière d’évoquer un proverbe arabe : « À la Transfiguration (tajali), on dit "va-t'en !" à l’été ».
Ce mardi, RAS…
À bientôt,
Étienne+