jeudi 1 octobre 2020

Où est ta pestilence, ô Mort ? (Os 13,34)

אֱהִי דְבָרֶיךָ מָוֶת
ˀĕhî ḏǝḇāreyḵa māweṯ


Avec le P. Firas à l'Ascension 2016
Aujourd’hui, en passant à la bibliothèque du Studium de Notre-Dame de Vie, je trouve le dernier numéro de Terre Sainte Magazine. J’ai l’œil d’abord attiré par la couverture avec le beau tableau de saint Jérôme, dont c’était la fête hier. Au verso du numéro, je trouve le billet d’humeur de la rédac’chef française qui accompagne une photo sur laquelle je reconnais le Père Firas qui était curé de la paroisse latine de Jérusalem lors de ma première année (2015-2016). Je concélébrais assez souvent avec lui et je me suis souvenu que je comprenais un peu de ses homélies. En fait, le petit billet annonçait sa mort, ainsi que celle de son confrère franciscain au couvent d’Alep où il était depuis son départ de Jérusalem. Ils sont tous les deux morts du fichu virus qui nous mène la vie dure depuis le début de l’année.
Quelle tristesse ! Je n’arrivais pas à y croire ! Je garde de lui l’image d’un doux colosse, qui parlait avec calme et conviction pendant les homélies et qui accueillait toujours avec le sourire quand je me pointais dans la sacristie de Saint-Sauveur. J’ai beau me dire qu’il continue sa mission auprès du Christ, ça me touche.

lundi 8 juin 2020

Du hasard (Sg 2,2)

αὐτοσχεδίως
autoschediôs

Il y a un petit addendum à un article de juin 2007...
Étrange coïncidence, remarquée un peu tardivement.

jeudi 13 février 2020

Voici, nous montons à Jérusalem (Mc 10,33)

ἰδοὺ ἀναβαίνομεν εἰς Ἱεροσόλυμα
Idou anabainomen eis Hierosoluma

Chers amis
Après un mois loin de Jérusalem, la tentation était trop forte… je suis revenu en Terre Sainte. En fait, Monseigneur Cattenoz m’avait demandé d’animer un pèlerinage pour les jeunes prêtres du diocèse (moins de 10 ans d’ordination). Il n’a pas fallu insister pour me convaincre, vous vous en doutez. Nous étions donc 26 : un archevêque, un diacre, 23 prêtres et moi. Un petit détail cependant, nous totalisions pas moins de 15 nationalités ! Trois Français, trois Brésiliens, trois Vietnamiens, trois Indiens, deux Ivoiriens, deux Burundais, deux Malgaches, un Italien, un Polonais, un Chilien, un Argentin, un Béninois, un Burkinabé, un Camerounais, un Togolais. Vous réalisez à quel point le presbyterium d’Avignon est bigarré. Pour plus de la moitié du groupe, c’était une première. Un Béninois me disait que jamais il n’aurait imaginé faire ce pélé alors que son professeur de Bible lui parlait des manuscrits de la mer Morte.
Dimanche 2 février au soir, j’ai donc rejoint l’archevêché. Messe anticipée du lundi et dîner à la table de Monseigneur. J’aurais bien mangé son tartare. Emmanuel, un jeune prêtre burkinabé, était moins enthousiaste. Puis nous nous sommes couchés tôt puisqu’il fallait se lever à 3 h et démarrer à 4 h du matin pour rejoindre l’aéroport de Lyon. C’est moi qui ai conduit la voiture épiscopale, ce qui m’a donné l’occasion de me faire la main sur une boîte automatique. Route sans encombre jusqu’à Saint-Ex. Nous retrouvons les autres à l’abribus de la navette. Formalités sans difficulté, escale à Vienne, petit retard pour le deuxième vol. À l’aéroport, deux d’entre nous ont été retenus mais finalement peu de temps.
Nous faisons connaissance avec Yazid, le chauffeur. Il est toujours important de soigner le contact avec eux. Il y a deux ans, avec l’enseignement catholique du Vaucluse, nous avions eu un chauffeur génial. Direction Arad, où nous arrivons vers 20 h 10. Installation rapide dans les chambres et repas dans la salle-à-manger de l’auberge de jeunesse. J’y avais déjà logé à deux reprises, lors d’un pélé avec les prêtres de Notre-Dame de Vie et il y a cinq ans avec l’équipe de la pastorale des jeunes.
Le matin, départ vers un site magnifique d’où l’on domine le désert pour célébrer la messe et donner un premier topo. Nous suivons l’évangile selon saint Marc, choisi par l’évêque (de toute façon, c’est mon préféré) pour structurer le pèlerinage. Le topo est suivi d’une demi-heure de silence : oraison, chapelet, lectio… chacun selon son charisme. Nous descendons vers Ein Gedi, on a l’impression d’être à la tour Eiffel, tellement il y a de monde. C’est de plus en plus invivable. On s’est retrouvés coincés derrière une centaine d’adolescentes d’une école juive orthodoxe : cela rappelait l’Immac à la grande époque. Toutes chaussées avec des ballerines, la chaussure idéale pour la rando dans le désert de Juda.
Ensuite, direction Qumran où nous mangeons rapidement avant de visiter le site sans encombre (à l’heure d’affluence au resto !). Le film inepte donne toujours envie de vomir avec ses effets spéciaux de survol du désert.
Nous sommes arrivés sans problème à Qasr el Yahud, au bord du Jourdain où nous avons prié, bercés par les chants de baptistes afro-américains. Il y avait aussi des gitans évangéliques. Vêpres du baptême de Jésus puis route vers la Galilée.
Nous avons la chance de loger quatre nuits à l’Oasis de Tibériade, une maison d’accueil tenue par la communauté de l’Emmanuel. Pierre-Yves et Marie-Claire nous réservent toujours un chaleureux accueil.
Nous passons deux jours autour du lac. Tout d’abord après la visite de Chorazim, nous passons à la Domus Galilææ du Chemin Néocatécuménal, comme c’est l’habitude avec Monseigneur Cattenoz. Nous visitons rapidement, célébrons la messe in modo Itineris (= à la manière du Chemin, avec monitions, geste de paix à l’offertoire et pain azyme maison). Je donne l’enseignement dans le sanctuaire de la parole qui est aménagé comme une yeshiva : je me retrouve donc dans une sorte de chaire, avec abat-voix (mais c’est bien le Chemin : il y a une guitare dans la chaire !) Déjeuner au bord du lac dans une de ces cantines à pèlerins qui servent des tonnes de poissons de Saint-Pierre.
Enseignement à l'Euntes Docete
Nous remontons vers le Mont de Béatitudes (DisnHolyland) et nous faisons une courte marche silencieuse pour descendre vers la Primauté de Pierre. À la stèle de l’Euntes Docete, j’obéis à l’ordre du Seigneur, puis nous longeons la rive du Lac vers Capharnaüm que nous visitons. Il est 17 h et temps de rentrer puisque tout ferme à cette heure -là. C’est propice à la prière. Nous dînons à 7 heures et vivons le sacrement de réconciliation. Émouvante liturgie de la parole. Le temps de confession ne dure pas longtemps puisque nous avons 26 pénitents, et 24 confesseurs (l’archevêque et le diacre ne peuvent confesser, mais pas pour les mêmes raisons).
Le jeudi, nous commençons par la messe à Dalmanoutha, près de Tabgha. Messe au bord du lac avec les hérons dans les roseaux. Nous prions dans la basilique néo-byzantine avant la cohue. Puis je fais un enseignement à la Primauté de Pierre, le temps de prière au bord du lac (il est très haut) se vit sous un chaud soleil presque printanier. Déjeuner dans une cantine puis le traditionnel tour en bateau (=promène-couillon). Qu’est-ce que je n’aime pas ça ! Ça se résume en quelques ronds dans l’eau, avec un équipage de branquignols, qui vous envoient une Marseillaise pompeuse au moment où vous voudriez du calme et du recueillement. Mais, selon le bilan, les prêtres ont aimé. Nous avons terminé par Magdala, notamment pour voir la synagogue du 1er siècle. Topo et prière : cela tombait bien, j’ai parlé de l’hémorroïsse et nous avons prié dans la chapelle qui lui est dédiée. Retour à l’Oasis et je ne traîne pas pour aller me coucher après le dîner : c’est qu’il s’agit d’être opérationnel pour le lendemain.
Le vendredi, nous devions nous balader aux falaises d’Arbel mais la pluie nous y a fait renoncer. J’ai d’abord topoté à l’Oasis puis nous avons assez rapidement fait route vers Nazareth. Église orthodoxe Saint-Gabriel, église-synagogue, église Saint-Joseph avec son baptistère paléochrétien. Longue station de prière à la grotte de l’Annonciation. L’avantage de ce groupe de prêtres, c’est qu’on n’a pas besoin de leur rappeler les événements de l’évangile, ils sont bien au jus.
Apres le repas, au culot, nous frappons chez les Sœurs de Nazareth (elles ont une maison à Bedoin) pour visiter leur fameux sous-sol qui renferme le tombeau du juste, un tombeau du premier siècle de notre ère avec une pierre roulée. Heureusement, ce n’est pas sœur Marie-Bouledogue qui nous a fait visiter, mais une associée italienne très drôle. Il y a quatre ans avec l’École biblique, j'avais fait l'expérience du regard qui tue de la sœur…
À 15 heures, nous avons vu le beau show du centre Marie de Nazareth puis la messe dans la chapelle du centre. Retour ensuite à Tibériade.
Samedi, il a fallu quitter Tibériade. Nous sommes partis tôt. Deux heures de route vers Jéricho (arrêt pipi) puis messe tempétueuse au-dessus d’Ein Qelt : on est passé entre les gouttes mais quel vent !
Nous sommes arrivés peu avant midi au Champ des Bergers sous une pluie battante et j’ai topoté dans la grotte numéro 2 à une heure heureusement peu fréquentée. Déjeuner à la Tente, à deux pas de là. Puis montée vers Bethléem, on s’est mis dans la file pour la grotte et en une bonne heure nous avions pu faire nos dévotions (merci Seigneur) alors que j’avais averti le groupe qu’il était fort possible que nous dussions renoncer à pénétrer dans la grotte de la Nativité. Depuis quelques temps l’affluence rend difficile l’accès à la grotte. Nous avons été vernis. Thomas a pris en photo tous les membres du groupe.
Retour au bus. Comme c’est samedi, le checkpoint est vite franchi, de même que le trajet vers Jérusalem. À 17 h 30, nous sommes au Foyer melkite. Je propose une première visite au Saint-Sépulcre. Chance inouïe, une vingtaine de personnes attendent pour rentrer dans la tombe. Nous en profitons, vous vous en doutez ! En trois heures, nous avons fait les deux lieux saints principaux (plus l’Annonciation, la veille). Cela ne m’était jamais arrivé. Avec ça, le pélé était gagné ! Merci Seigneur.
Dimanche matin, passage au Mur occidental. L’esplanade était vide, pour cause de pluie. Mais un ultra me tombe dessus en me demandant si nous avions un rabbinat. Je lui réponds que nous sommes chrétiens. Qu’à cela ne tienne ! Le voilà qui nous fait chanter « haQadosh, barukh hou (le Saint, béni soit-il) ev’rybody loves you » (cela doit expliquer la pluie qui a redoublé). Visite de l’esplanade des Mosquées. Nous avons trouvé refuge à l’Ecce Homo (merci les amis du Ch’Neuf !) pour le topo et la prière puis visite de Sainte-Anne où nous chantons un émouvant Salve pour éprouver l’acoustique. Le bus nous amène au resto puis au Musée d’Israël pour voir la maquette et le sanctuaire du Livre. Retour vers la Vieille Ville et l’École biblique. Nous célébrons la messe dans la chapelle d’hiver. Monseigneur prêche sur l’institution de l’eucharistie et ça frotte les oreilles… Tant mieux pour nous. Puis j’avais demandé au frère Paweł, bibliothécaire de nous montrer l’autre sanctuaire du livre. Retour à l’autel avec un arrêt pour les volontaires sur la terrasse des Frères. Mais beaucoup étaient épuisés et sont rentrés directement. Je sentais une petite saturation dans le groupe.
Lundi matin, le bus nous a montés au Carmel du Pater. Laudes dans le jardin à l’écart. Il tombait du grésil… Dominus Flevit, puis topo dans le jardin des Mormons sur la Passion de Jésus et prière dans la basilique (comme essayer de faire oraison dans une gare un week-end de Noël). Le bus nous emmène à Saint-Pierre-en-Gallicante. J’aime bien Saint-Pierre, parce qu’ils offrent au guide une boisson à choisir à la buvette : j’ai apprécié le café chaud. Puis le Cénacle où notre brève prière a été portée par le chant d’un groupe russe.
Déjeuner chez les Sœurs maronites. J’y retrouve Claire, la femme du directeur de l’agence qui vient voir si tout se passe bien. L’après-midi, nous vivons un beau chemin de croix selon le tracé traditionnel, avec la méditation de 1964 du Bienheureux Marie-Eugène. Temps libre de prière à la Basilique de la Résurrection. Messe à 17 h dans la chapelle des Croisés. Dans la sacristie, je demande au sacristain une chasuble rouge mais il me dit qu’on ne célèbre pas la passion à la chapelle des Croisés. J’avais envie de lui dire : « Tu connais pas mon évêque ! » J’ai laissé courir et nous avons célébré la Passion en blanc… pourquoi pas ? Quelques saintes femmes (= mes copines) étaient venues assister à la messe. Vêpres dans l’église melkite (des icônes dans tous les coins). Après le dîner je vais chez les Frères pour échanger quelques nouvelles. J’y retrouve Baptiste et Rémi.
Mardi matin, nous partons après les laudes. Direction Abu Gosh, topo dans une dynamique résurrectionnelle. Messe de la résurrection. À la fin de la messe, le groupe me remercie et m’offre deux étoles pour me remercier. Puis bilan dans le jardin. Déjeuner à Notre-Dame de l’Arche d’Alliance et il est déjà temps de prendre le bus pour aller à l’aéroport. Nous avons la désagréable surprise de voir que notre vol est retardé (merci Sabine, c’est le nom de la tempête Ciara en Allemagne). Les formalités d’embarquement se passent sereinement malgré l’aspect hétéroclite de notre groupe. Comme leader j’ai été interrogé d’abord puis ils ont testé un autre membre du groupe qui a dû dire la même chose que moi puisque c’est allé vite. Pour les contrôles de sécurité j’ai même pas eu droit à la file spéciale terroriste, je suis passé comme tout le monde. J’ai apprécié. Puis attente dans le hall. Nous embarquons et décollons avec une bonne heure de retard. Et en plus, il va falloir voler contre le vent de tempête !
Je me retrouve assis entre l’archevêque et un monsieur Elmaleh. Je lui ai pas demandé si c’était de la famille. Et l’hôtesse de la Lufthansa s’appelle Sarkozy !
Évidemment avec presqu’une heure et demie de retard au décollage notre correspondance était compromise… arrivés à Francfort, il a fallu trouver le chemin (c’est un des plus grands aéroports d’Europe) vers la porte A21. Certains de mes compagnons étaient moins stressés que moi, il a fallu les houspiller un peu. Passage de la douane Schengen (je vous rappelle qu’il y a 12 types de passeports dans le groupe, dont seuls 5 citoyens de l’UE) puis un contrôle de sécurité avec la “große efficacität” allemande d’une désespérante lenteur. C’est vrai qu’en provenance d’Israël, on arrive d’un pays où les procédures de sécurité sont proverbialement prises par-dessus la jambe. Tous nos efforts n’ont servi à rien, l’avion n’avait pas attendu notre groupe de 26 personnes. Même l’archevêque qui était arrivé le premier a vu l’avion quitter la porte. Il faut dire qu’il était tard et que c’était presque le dernier décollage. Un peu de marche pour trouver le guichet Lufthansa. Et là honnêtement, on a vu l’autre facette de l’efficacité allemande… ils m’ont donné des bons pour prendre le taxi, des bons pour les chambres d’hôtel et de nouveaux billets pour le lendemain à 12 h 40. Tout le monde a pu prendre ses dispositions pour annuler rendez-vous ou avertir d’absences. Nous nous sommes engouffrés dans des taxis qui nous ont conduits au Hyatt Place. Je m’attendais à un hôtel capsule avec la douche sur le palier mais le standard allemand est un peu plus élevé. Chacun a eu une chambre simple avec douche, lit king size et même un fer et une table à repasser dans un tiroir. Ma chemise en a profité. Le matin, petit-déjeuner pantagruélique avec un buffet complet : œufs durs et brouillés, charcuterie (de la vraie, pas cachère), fromages, viennoiseries, muesli, fruits, jus de fruits. Bon, ça me faisait bien ch… pardon, rager d’être là mais le petit-dèj m’a consolé. Il a fallu prendre soin du groupe pour leur dire qu’ils pouvaient demander un nécessaire à dents à la réception. Sinon malgré tout le confort de la chambre, j’ai mal dormi, le stress sans doute. Autre inconvénient, mon peigne est dans mon bagage de soute et je me retrouve donc avec un brushing digne du Président des États-Unis…
À 10 h 30, une escouade de taxis nous récupère à l’hôtel pour nous conduire au Terminal. Évidemment deux taxis ne sont pas allés où il fallait et c’était les deux taxis de ceux qui traînent et se perdent, n’entendent pas les infos essentielles… on a fini par les retrouver et par leur faire passer la sécurité. Là chacun a pu faire usage du bon alimentaire de 10 € offert par la compagnie aérienne (un rapide calcul me fournit un budget de plus de 4000 € pour ce retard impromptu). Embarquement et décollage pour un saut de puce de 55 minutes. Le mont Blanc dépasse des nuages et peut-être au loin les aiguilles d’Arves.
Atterrissage sans encombre à l’heure prévue, les bagages sont attendus peu de temps. L’un de nous récupère sa valise, saute dans un train vers l’aéroport de Marseille où il va réussir à prendre son avion en direction du Brésil… Au parking longue durée, nous nous saluons les uns les autres. J’ai encore deux heures et demie de conduite pour rentrer à Avignon récupérer ma voiture. Le trajet est assez pénible : entre Vienne et Valence, nous sommes obligés de circuler sur la voie de gauche puisque les poids-lourds se sont arrogé la voie centrale. À l’archevêché, il me faut démarrer ma voiture aux câbles (sinon, c’est pas drôle). Ah oui, j’avais oublié de vous dire que la batterie de ma voiture m’avait lâché le dimanche du départ au matin, des paroissiens efficaces m’avaient prêté des câbles et un chargeur de batterie pour me permettre d’assurer mon retour à Saint-Didier. Une fois démarré, il fallait faire attention de ne pas caler après avoir perdu l’habitude d’utiliser l’embrayage avec la boîte automatique de la voiture épiscopale.
Arrivée à la maison, rangement, lessive, dépouillement du courrier, traitement des courriels (96 ! chouette !).
Pour ma part, bilan de ce pélé : je me suis régalé. La fraternité a bien joué et cela a permis d’une manière très forte de se connaître mutuellement. Deux points de surprise toutefois : j’imaginais qu’avec un groupe de jeunes prêtres, les exigences de la nature ne seraient pas vraiment contraignantes… Tu parles ! Je n’ai jamais autant entendu de « on peut faire pipi ? » ou « C’est où les toilettes ? » Même mon groupe de l’année dernière, pourtant composé de deux tiers de dames, n’était pas aussi focalisé sur la localisation des toilettes… Je m’en suis ouvert à ma mère dans un message, elle m’a répondu : « C’est normal, tu es un Jonquet ».
Autre élément de surprise : j’ai pris un coup de vieux. Pas question tonus, de ce côté-là, rien d’inquiétant ; par rapport au groupe, ce serait même le contraire ! C’est plutôt dans le rapport avec les jeunes prêtres (dont certains sont plus âgés que moi !) : ils me donnent du « vous » et du « mon père »… je ne savais pas être si impressionnant. Je me rends compte aussi que les Africains sont très cérémonieux alors qu’en Europe, on les tutoie vite en se disant : « C’est bon, c’est l’Afrique, c’est cool, ils sont pas guindés ». Certains me prédisent même une prestigieuse ascension. À Dieu ne plaise !
Photo de groupe dans le désert de Juda, pluie et tempête !
Maintenant, il me faut reprendre toutes les dimensions de mon ministère : paroisse, Studium et surtout thèse… Au boulot !