lundi 4 février 2019

Lumière pour éclairer les nations (Lc 2,32)

אוֹר לְהָאִיר לַגּוֹיִם
ͻôr lehāͻîr laggôyim
Chers amis,
Une fois n’est pas coutume, je mets un titre du Nouveau Testament en hébreu mais vous comprendrez pourquoi…
Journées en bibliothèque toutes semblables. Ce qui varie, c’est l’heure de passage des chats devant la fenêtre. J’ai appris ces jours-ci que la densité de chats à Jérusalem est une des plus fortes au monde : 2000/km² ! (soit plus de 100 000 dans toute la ville). De fait, ils sont bien utiles pour se débarrasser des rats (il arrive qu’on en voie dans la Vieille Ville)… Mais, depuis quelque temps, on a installé des bennes souterraines. Par conséquent, les chats manquent de nourriture. Donc, la mairie a affecté une allocation pour nourrir les chats… Bref, on ne chait plus à quel chaint che vouer !
Samedi, j’ai concélébré la messe à l’EBAF. Nous étions 20 prêtres et une fidèle !
L’après-midi, je suis allé me balader, j’ai fait un tour par la vallée du Cédron, puis je suis monté au Mont Scopus, près de l’Université. Depuis ce point-là, on voit le désert de Judée et ce jour-là, tout était très clair : je me suis amusé à repérer Kypros et le Wadi Qelt. Puis j’ai suivi une route que je ne connaissais pas et qui passe derrière l’Université. J’ai découvert l’entrée du jardin des plantes, fermé un jour de shabbat évidemment. J’ai aussi vu le cimetière britannique avec les morts de la Première Guerre mondiale dans cette région. Passage à côté de Giv’at haTaḥmoshet (colline des Munitions) puis j’arrive enfin au but de mon périple : le parc du Sanhédrin, dans le quartier de Sanhedriah. Dans ce parc, on a retrouvé des tombes de l’époque du ier s. de notre ère. Traditionnellement, on dit que ce sont les tombes des membres du Sanhédrin ; mais ce nom ne leur a été donné qu’au xve… Dans tout le jardin public, il y a des tombes, dans ce qui a dû être auparavant une carrière. Entre 1948 et 1967, quand il était impossible aux juifs d’aller au Mur occidental, ils allaient prier là.
Une des tombes du parc
J’ai pris quelques photos, mais pour cela, il a fallu que je déploie des ruses de sioux. En effet, le quartier de Sanhedria est un quartier haredi (= ultra-orthodoxe) où le respect strict du shabbat est de rigueur. Par exemple, des barrières empêchent les voitures d’y pénétrer. Ou encore les gens se chargent de vous dire qu’il ne faut pas utiliser d’appareil électrique. Et le parc est aménagé avec des jeux d’enfants et, un jour de shabbat, c’est à peu près la seule chose qu’on peut imaginer faire en famille quand on est ultra-orthodoxe : aller se promener au parc pour jouer au toboggan avec les enfants. Mais j’ai réussi à prendre mes photos en douce.
Après, j’ai exploré le parc. Je regardais les familles qui jouaient. Ce qui est frappant, c'est l'uniformité vestimentaire des gens : tous les hommes sont habillés de la même manière (encore que je pense qu'il y a des petits détails que nous ne voyons pas mais qui marquent les différences). Toutes les femmes portent la même perruque (modèle Drôles de Dames) et les mêmes robes moches. Malgré tout, on sent qu'il y a un effort sur le vêtement, justement parce que c'est shabbat. Chez nous, la tenue du dimanche, c'est souvent le vieux survet informe... Je me disais pourtant que si c’est une drôle de vie, que ces gens ont un vrai “dimanche”, où la famille vit véritablement ensemble, même si c’est à cause d’une énorme contrainte sociale et religieuse. En France, les gens ont des dimanches de fous entre accompagnements aux activités des gamins, activités diverses… Finalement, les gens vivent sous le même toit mais ne vivent pas ensemble... Et maintenant, on veut ouvrir les magasins, ce sera la fin de tout.
Puis vers 16 h 30, les gens ont commencé à plier bagage. Moi aussi, je suis rentré chez moi en suivant la rue Sh’muel haNavi (Prophète Samuel) qui longe le fameux quartier ultraorthodoxe de Mea Shéarim. La rue s’emplissait de monde, j’ai réalisé que les gens allaient vers le Mur occidental, pour prier au moment de la fin du shabbat. À un carrefour, il y avait une petite fille (5 ans à tout casser) mignonne comme un cœur qui hurlait « Shabbes » à toutes les voitures qui passaient… Je me suis dit qu’à cet âge, elle était déjà bien partie…
Le soir, j’ai mangé seul (les frères étaient à Bethléem)… Je me suis dit qu’une chandeleur sans crêpe, c’était pas valide. J’ai donc cherché les ingrédients pour faire des crêpes mais je n’ai pas trouvé la farine… (le lendemain, j’ai réalisé qu’elle était dans le frigo de la cuisine où je ne l’avais pas cherchée…) Peste ! Alors, je suis allé rue de Jaffa et j’ai trouvé un glacier-gaufres-crêpes… J’ai donc eu ma crêpe de la chandeleur. Ouf !
Bazar du YMCA à la Tour de David (≈1920-1940),
collection Matson (la photo est à l'envers...)
Dimanche, le matin, je suis allé visiter le musée de la Tour de David. Nous le visiterons avec les paroissiens de Saint-Didier et je voulais me le remettre en tête. Il y avait une exposition temporaire London in Jerusalem sur la vie des Anglais pendant la période du mandat britannique (1917-1948). Pendant 30 ans, les Anglais ont administré la région par mandat de la SDN. Cela a impliqué une présence assez forte et une administration conséquente ainsi que l’organisation d’une vie sociale très British : installations sportives, cinéma, musées, écoles, garden parties, ventes de charité par des dames patronnesses, églises… C’est à cette époque que le fameux hôtel King David et le YMCA ont été bâtis. 
L’après-midi, une petite balade et je suis allé célébrer la messe dominicale à la paroisse hébréophone. Pour moi, cela devait être seulement une messe du dimanche, mais pour la paroisse, c’était la fête patronale : elle est placée sous le patronage du vieillard Siméon et de la prophétesse Anne (cf. Lc 2,22-40) et nous avons donc fêté une autre fois la fête de la Présentation. Les gamins étaient montés sur des ressorts. J'ai pensé à ceux de Saint-Didier qui sont finalement presque sages comme des images.
Ce lundi, journée normale, sauf que j’ai célébré deux fois la messe : une fois le matin à l’Ecce Homo, comme cela sera le cas désormais tous les lundis ; et une fois le soir, pour les frères. Cela m’a donné l’occasion de célébrer deux fois la messe du bienheureux Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus !
À bientôt,
Étienne+

mercredi 30 janvier 2019

Puis Asa renversa son monstre (1R 15,13 ; 2Ch 15,16)

ויכרת אסא את־מפלצתה
wayyiḵrōṯ ͻāsāͻ ͻeṯ-miplaṣtāh

,Chers amis
Rien à signaler de particulier depuis la semaine dernière… Bibliothèque, rédaction, lectures… C’est un peu la version biblico-hiérosolymitaine de métro-boulot-dodo.Samedi, je suis allé me balader. Il faisait bien bon (ma polaire était de trop).
Et je suis allé jusqu’au parc Rabinovitch, presque à l’hôpital Hadassa. Je voulais voir le “monstre” (Miftseleth en hébreu) qui donne son titre à mon billet. C’est au milieu d’un petit parc que dans les années 1970, Niki de Saint Phalle a été chargée de faire un toboggan pour les enfants. Évidemment, elle l’a fait à sa manière colorée et “monstrueuse”. Imaginez une énorme masse noire et blanche, avec deux yeux atteint de strabisme divergent, ouvrant une grande bouche d’où sortent trois langues rouges… Les langues servent de toboggans ! Un peu surprenant mais les enfants du quartier semblent l’avoir apprivoisé !
Je suis revenu par l’ancienne voie de chemin de fer. À mon retour, j’avais fait 16 km…
Dimanche, je n’avais rien de prévu, mais je suis allé à la messe paroissiale à 9 h 30, il y avait plus de monde que la fois dernière (c’était alors l’Épiphanie et beaucoup de monde était à Bethléem pour l’occasion). J’ai aperçu Christina, la jeune femme qui est à l’accueil de l’ÉBAF, le matin. Il faut dire que sa petite de deux ans faisait suffisamment de bruit pour qu’on la remarque. [La petite s’appelle Elsa… encore une victime collatérale de la Reine des Neiges…] En sortant de la sacristie, je la salue et elle me présente ses parents. Ses parents parlent un excellent français (appris chez les Frères pour le papa, mais je ne demande plus maintenant, je connais la réponse). Finalement, nous allons prendre le café avec les paroissiens. La famille de Christina était là parce que la messe était célébrée à l’intention de la sœur de son beau-frère (si j’ai bien compris…). Au café, on a distribué le “pain des morts”. Le café, c’est assez drôle. Imaginez une grande salle avec deux rangées de chaise de chacun des côtés. Les gens s’assoient en vis-à-vis et le café est servi… L’idée de prendre le café debout en petits groupes informels ne leur semble pas envisageable. J’ai fait plus ample connaissance avec Jacques, le papa qui se trouve avoir été guide touristique, lié aux Assomptionnistes de Saint-Pierre-en-Gallicante. Et donc il connaissait mon grand-oncle Hubert. De fil en aiguille, je me retrouve invité à déjeuner, dans la famille de la défunte. C’était dans une maison dans le quartier chrétien de la Vieille Ville. Avant nous sommes passés voir la mère de Jacques qui vient d’avoir 89 ans. Elle m’a touché par sa gentillesse et son regard. Elle regardait la prière sur NourSat, une chaîne de télé chrétienne libanaise. Elle m’a remercié d’être venu la voie et m’a dit qu’elle priait pour les prêtres !
Ensuite, repas chez la belle-mère de la défunte qui est arménienne mais vit à trois maisons de là. C’est ce qu’on appelle un hosh (il faut que le h initial souffle !). C’est-à-dire une maison dans laquelle plusieurs familles vivent. Tout est organisé autour d’une cour (le hosh !) et les logements familiaux s’organisent tout autour avec des escaliers qui montent et descendent, des coins et des recoins. Chaque famille occupe une ou plusieurs pièces regroupées. Pour nos standards européens, c’est un peu étroit. Ici, les gens sont habitués. La famille dans laquelle j’étais accueilli occupe trois pièces : une chambre, une cuisine et un salon qui sert de chambre pour les enfants. Chaque pièce est voûtée d’arête et fait environ 12 à 15 m². C’est pas Versailles. Mais avant de partir, Jacques m'a dit : “Une petite maison, c'est pour les grands amis”. J'ai été touché.
La famille était très sympa. Nous avons mangé du maqloubeh, un plat avec du poulet, du riz, du chou-fleur, des carottes et du laban (sorte de fromage blanc) : le mot veut dire “renversé” parce que le plat est renversé avant d’être servi. La maîtresse de maison avait aussi préparé des feuilles de vigne farcies. C’était très bon. Pour le repas, les standards de bienséance française n’ont pas cours : chacun se sert dans le plat avec ses doigts ou sa cuillère… Allons-y, pas de chichis. Il n’y avait pas de dessert, mais ça n’est pas l’habitude ici (encore un truc d’Européens !) mais bien sûr du café. Nous disons souvent “café turc” (celui où il y a autant à boire qu’à manger) mais ici il faut prendre le pli de dire “café arabe”.
Ensuite, dans l’après-midi, je suis allé faire un tour dans la Vieille Ville, au Mur occidental, où j’ai prié un moment. Au soleil, il faisait bon. Un type m’a demandé de l’argent pour acheter des couches culottes pour ses enfants… Désolé, אין לי כסף ! Puis je suis passé à la cité de David, pour chercher un livre à la boutique de souvenirs… Mais il n’y était pas (on ne vendait que des bijoux), je suis descendu à Siloé, j’ai remonté la Géhenne. Tout en bas, il y a un lieu qui s’appelle le jardin du roi. Comme c’est là où la Géhenne et le Tyropéon se retrouve, à proximité de la piscine de Siloé, la terre est assez riche de tous les alluvions déposés par les ruisseaux. Mais le jardin du roi n’est qu’un vieux souvenir : ce serait plutôt le dépotoir du quartier.
Puis je suis parti à la recherche du trésor perdu… Enfin, je pense que j’aurais pu trouver le trésor perdu plus facilement que l’objet réel de ma quête… De la lessive pour lainages et tissus délicats… Oui, j’ai bien fait cinq magasins (droguerie, parapharmacie, supermarché) avant de trouver au SuperSol de la rue du Général Pierre Koenig. Retenez bien l’expression : ג'ל כביסה לבגדים עדינים. Sans doute que les gens ici évitent la laine et sont des inconditionnels du synthétique (vive le polyester, l’acrylique, le nylon et l’élasthane !). Vous avez vu que la vie à Jérusalem réserve bien des surprises.
Là je mets une photo de mon poste de travail : derrière la fenêtre, je vois les citrons et les mandarines du jardin et j'entends miauler les chats...

Aujourd’hui, j’ai rencontré mon directeur, nous avons défini le rythme de travail et la stratégie pour la suite. Au boulot !
À bientôt,
Étienne+

mercredi 23 janvier 2019

Il modèle du faux (Sg 15,9)

κίβδηλα πλάσσει
kibdèla plassei


Chers amis,
Finalement la tempête de mercredi soir a été violente et surtout très brève. Il y a bien eu de la neige mais rien de grave… Ensuite le vent a soufflé toute la nuit. J’ai expérimenté ce que j’ai lu le même jour dans un roman que je suis entrain de lire. Il s’agit de cette série policière écrite par Batya Gour, la « P.D. James israélienne ». Les romans se passent à Jérusalem, notamment à l’esplanade russe, derrière la Municipalité, à 250 mètres de chez moi. L’esplanade russe, c’est l’hôtel de police qui doit son nom à l’ancien hospice russe construit à la fin du xixe s. à proximité immédiate de la cathédrale russe. Dans chacun des romans, un meurtre a lieu dans un cadre assez refermé sur lui-même, un cabinet de psychanalyste, un kibboutz, un UFR de l’Université… Ici, c’est à la TV et c’est assez sanglant (il y a au moins quatre meurtres qui se suivent… Moi, j’ai du mal à suivre !). Deux phrases ont retenu mon attention : « Le poêle à mazout allumé n’y changeait rien ; un froid intense régnait dans la pièce. Ce froid propre à Jérusalem et à ses maisons de vieilles pierres. Intense et dense. » (ch. 9) et aussi : « Ceux qui n’en ont pas souffert ne savent pas comme il peut faire froid chez nous. » (ch. 13). Eh oui, ici, je deviens frileux… Qui l’eût cru ?
Jeudi dernier, il y a eu une conférence à l’EBAF, sur “Les faussaires de la Bible”. Le conférencier, Michael Langlois, est prof à la fac protestante de Strasbourg et il a été amené à expertiser des manuscrits de la mer Morte appartenant à des collections privées. Et pour un certain nombre d’entre eux, il est sûr à 99 % qu’il s’agit de faux. En fait, ce phénomène n’est pas récent… Le conférencier a commencé par évoquer la découverte de la stèle de Mesha (dont je vous ai parlé en août dernier). Peu après sa découverte, le marché des antiquités à Jérusalem a été inondé de Moabitica, d’objets censément moabites découverts à l’est de la mer Morte : poteries, idoles, sculptures, toutes recouvertes d’inscriptions mystérieuses en écriture moabite. Tout le monde était persuadé qu’il s’agissait d’authentiques vestiges du passé, jusqu’à ce qu’un jeune attaché consulaire Charles Clermont-Ganneau (lien vers un article sur Clermont-Ganneau, dépisteur de fraudes archéologiques) n’évente la supercherie. Dix ans plus tard, le revendeur des “vestiges moabites” propose un manuscrit du Deutéronome datant de 800 ans avant J.-C. ! Là aussi, les imaginations s’enflamment (ainsi que les enchères…) et Charles Clermont-Ganneau, toujours lui, a prouvé la fraude. Du coup, le revendeur s’est suicidé…
Idoles "moabites"

Voilà pour les faux d’avant ; les faux bibliques d’aujourd’hui sont, le plus souvent, des 
“manuscrits de la mer Morte”, achetés très chers par des institutions évangéliques américaines, financées par des mécènes richissimes, et qui veulent prouver à tout prix la vérité et l’inerrance de la Bible. À force d’expertiser des manuscrits, Michael en est même venu à repérer la “main” du faussaire, qui est bien moins doué qu’un scribe de l’antiquité. Je vous mets une photo de deux idoles “moabites”, conservées dans les collections de l’École Biblique (fondée 15 ans après l’affaires des Moabitica)…
La conférence est visible sur la page Youtube de l'EBAF.

Sinon, je lisais un de ces romans à chacun de mes séjours hiérosolomytains mais, là c’est fini… La romancière est morte il y a une dizaine d’années et il n’y a que six enquêtes du commissaire Michael Ohayon. Bon, de toute façon, le héros venait d’arrêter de fumer… Ça partait mal, comme Tintin quand il a arrêté de porter des culottes de golf. Mais j’arriverai bien à trouver d’autres lectures…
Sinon, je lis beaucoup à la bibliothèque. Je travaille d’une manière particulière le chapitre 16 (celui avec le fameux Armagedon !) Sur le site academia.edu, j’ai trouvé quelques articles intéressants. Mais certains ! C’est impressionnant le nombre d’interprétations farfelues que l’on trouve ! Il y a même des lectures LGBT de l’Apocalypse ! Voici les titres de deux articles qui me sont passés sous les yeux : « Does it help Women to transgender the Whore of Babylone ? »[1] Ou encore, « A Jerusalem Postcolonial Feminist Reading »[2] Je dois avouer que c’est souvent très capillotracté et qu’on cherche souvent à lire la Bible non pas telle qu’elle est mais telle qu’on voudrait qu’elle soit… Encore un problème avec le réel.
En ce moment, je suis la piste d’Harmagedôn, le fameux lieu du combat final… Je consulte les commentaires dans les Patrologies, grecque et latine, pour voir ce que les Pères disent de ce lieu. Souvent, les latins se bornent à recopier saint Jérôme… Les grecs ont mis plus de temps à pondre des commentaires. J’ai aussi pisté le commentaire d’Hippolyte de Rome sur l’Apocalypse (milieu du iiie s.)… On l’a perdu et il n’en subsiste qu’une vingtaine de citations dans un commentaire en arabe fait par un chrétien cairote (du Caire !). Ce commentaire n’était connu que par un manuscrit de la Bibliothèque Nationale, mais d’autres témoins ont fait surface depuis et ont permis d’attribuer le texte du commentaire à Ibn Kātib Qayṣar. Il cite un certain Anqūliṭus, mauvaise copie d’Ibūliṭus (= Hippolyte)… Les fragments arabes ont été publiés en 1832 et traduits en allemand en 1857. L’interprétation qu’Hippolyte donne
Rue Ben Yehouda
fin de shabbat
d’Harmagedôn (ارماكاذون = Armākāḍūn) est originale et demande à être approfondie… J’ai consulté ma petite sœur qui parle bien l’arabe pour une traduction précise du sens de l’expression… Mais, c’est difficile. Même pour le frère Daoud dont c’est la langue maternelle. Je pense que c’est de l’arabe du Moyen Âge et que le mot doit être bien compliqué… Même la traduction en français publiée en 1973 (alors que l’auteur du commentaire arabe était encore inconnu) laisse songeur… On verra.
Samedi, je suis allé me balader du côté de Harmon haNatsiv et le soir, j’ai profité de l’ambiance de la rue de Jaffa qui reprenait vie après le shabbat. Je ne sais pas combien de personnes m’ont demandé de l’argent… Je n’en ai jamais, c’est bien simple.
Dimanche, je suis allé à la messe à Abu Gosh, des amis m’ont amené. Le timing était serré car ils devaient laisser leur fils à la Maison d’Abraham pour les scouts (il y a un groupe Scouts de France à Jérusalem !). J’ai retrouvé les moines qui ont l’air d’aller bien, même si le P. Abbé a l’air fatigué. Après l’apéro, retour à Jérusalem et déjeuner chez mes amis.
Je suis rentré à la nuit tombée (ça n’est pas si tard, elle tombe si tôt !).
Aujourd’hui, fête de sainte Émérentienne.
À bientôt,
Étienne+





[1] Cela aide-t-il les femmes de transsexualiser de la prostituée de Babylone ?
[2] Une lecture postcoloniale féministe de Jérusalem…