vendredi 13 janvier 2023

Jésus lui-même ne baptisait pas (Jn 4,2)

Ιησοῦς αὐτὸς οὐκ ἐβάπτιζεν
Ièsous autos ouk ebaptizen
Chers amis,
Samedi, je suis allé à Bethléem avec les Frères pour célébrer la messe avec l’équipe de l’Université. Ce n’était pas la messe du dimanche, mais celle de l’Épiphanie ! Bon…
Le repas a suivi. Avec quelques-uns, nous avons fait une table francophone mais un peu anglophone. On a bien rigolé.
Les Frères de Bethléem vont bien, surtout les deux Peter ; Frère Mark est revenu après 5 ans passé en Nouvelle Zélande.
Au retour, j’étais avec Frère Malak dans la voiture. J’ai cru ma dernière heure arrivée : en effet, pourquoi ne pas accélérer quand la voiture de devant freine !? Après tout !
Dimanche dernier, fête du baptême du Seigneur ! Comme l’Épiphanie est fixée au 6 janvier, le baptême du Seigneur est toujours le dimanche suivant. Avec les Frères et Stéphane, nous sommes descendus près de Jéricho sur les bords du Jourdain, pour la messe présidée par le Custode. Depuis 2020, la messe n’est plus célébrée dans les installations du parc national aménagé par Israël mais dans l’enclos du couvent franciscain qui le jouxte. Le couvent avait été saisi en 1967 après la guerre de Six jours puisqu’il se trouvait à la frontière avec l’ennemi jordanien. La zone était toute minée. Depuis une quinzaine d’années, le terrain a été déminé et le couvent a été restitué. Un frère y vit (c’est une vocation !).
Nous avons attendu à proximité du couvent orthodoxe l’arrivée du bus affrété par les franciscains. Puis nous sommes descendus au couvent latin en procession. Pour la messe, les prêtres étaient placés sur le toit-terrasse du couvent (en plein cagnard ! heureusement qu’on est en janvier), et les fidèles tout autour. La messe est célébrée en latin, arabe, italien avec les intentions de prière en d’autres langues. Après la messe, tout le monde part en procession jusqu’au Jourdain.
Là, grosse déception, l’accès à l’eau était bloqué par des barrières, seuls les gens importants ont pu y aller. Je rageais d’autant plus que je comptais bien profiter de ma présence pour remplir une ou deux bouteilles à rapporter en France pour l’un ou l’autre baptême. Je sais que l’après-midi, l’accès avait été libéré… Comme je dépendais des Frères, c’était un peu compliqué de faire un caprice… Nous sommes retournés à Jérusalem, avons bien déjeuné. Puis j’ai fait une belle sieste.
Je suis allé me promener au Saint-Sépulcre dans l’après-midi. Il y a des travaux tout autour de l’édicule de la Tombe : ils refont le dallage. Comme les Arméniens processionnaient, on ne pouvait pas s’avancer et le passage par le déambulatoire était bloqué par les échafaudages des travaux. Bref, rien n’est comme avant, mais c’est toujours la pagaille.
J’ai continué mon tour de ville.
Lundi, mardi, mercredi, travail à la bibliothèque. Ça avance.
Mercredi soir, nous avons fêté l’anniversaire du Frère Daoud. Nous avons anticipé la solennité puisque, le lendemain matin, le Frère Rafael retournait en Jordanie où il réside désormais. Le repas a été festif : Shadi et M. Khader ont préparé des grillades. Après nous avons partagé un bon gâteau et bu un mousseux qui contenait des paillettes dorées ! (tout était dans les paillettes !). En soirée, visio avec les séminaristes.
Jeudi, je suis resté au Collège. J’ai bossé trois heures le matin puis je suis allé à Baq‘a, dans les locaux du CRFJ (Centre de Recherches Français de Jérusalem). J’avais rendez-vous avec le directeur : il vient de publier une BD sur l’histoire de Jérusalem que ma petite sœur m’a offerte à Noël (je m’étais retenu de l’acheter en me disant que c’était le genre de cadeau pas compliqué à me faire. Ma patience a été récompensée). J’ai été très gentiment accueilli, la dame s’excusant presque de me faire attendre, on a discuté un petit moment sur Jérusalem, ma thèse, les activités du CRFJ. Le directeur est arrivé, là aussi, on a bien discuté. Il m’a fait remarquer que mon exemplaire était la première impression qui se caractérise par quelques défauts (quasi invisibles) qui ont été repris pour les impressions suivantes. Sur la couverture, la porte Dorée n’est pas visible ; à la page 133, un trait intempestif se trouve entre deux cases ; à la toute fin, le ciel est couleur sable et on a l’impression que l’olivier (qui raconte toute l’histoire) est coupé (cela a été corrigé).
Ma fenêtre est allumée
On aussi parlé de ses travaux, notamment sa thèse sur l’histoire de l’alimentation en eau de Jérusalem de 1840 à 1940 (je vous vois venir avec le lac de Paladru : mais en fait, c’est passionnant) et aussi de son dernier livre qui est assez polémique puisqu’il parle du quartier maghrébin de la Vieille Ville. Il se trouvait là où s’étend aujourd’hui l’esplanade du Mur occidental. En juin 1967, deux ou trois jours après la prise de la Vieille Ville par Israël, le quartier a été évacué et détruit en quelques heures. Le bouquin retrace l’histoire de ce quartier depuis l’époque de Saladin et comment la géopolitique a précipité son déclin puis sa disparition. En ce moment, des fouilles ont lieu à cet endroit. Les vestiges du quartier ont été mis au jour, avant d’être démontés pour creuser plus profondément.
En rentrant, je me suis arrêté chez le coiffeur. Cette échoppe vaut le coup d’œil, avec ce bric-à-brac de photos, d'objets... Le gars est sympa et arrive à se débrouiller au mieux vu l’étendue des dégâts.
L’après-midi, conseil du séminaire en visio, puis soirée visio.
Ce vendredi, travail à la bibliothèque. À midi, j’ai croisé Stéphane qui rentrait d’une excursion avec son école de langues dans les ruines des monastères du désert de Judée : ils ont vu le monastère de Martyrios et celui d’Euthymios, qui sont désormais enchâssé dans les colonies de Ma’ale Adûmmîm et de Mishor Adûmmîm. Ensuite, il part ce WE avec un ami prêtre à Jaffa et Saint-Jean d’Acre.
En rentrant ce soir, j’ai été déçu : ils enlevaient les lumières de Noël dans la rue alors que je voulais prendre en photo la façade du Collège. Il y avait tout de même les étoiles, le sapin et les guirlandes lumineuses… J’ai retrouvé le Frère Allan, un frère philippin qui est ici depuis la rentrée. Il était passé avec le Frère visiteur en avril dernier pour sentir la situation.
Il y avait aussi la sœur du Frère Daoud, accompagné de sa fille et de son fils. Le fils est le sosie de Benzema ! C’est impressionnant !
Demain matin, travail en bibliothèque. Allez, on y croit.
Étienne+

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