lundi 12 mars 2007

Divers..

Chers tous,
Vendredi dernier, j'ai travaillé un peu le matin sur mon devoir d'exégèse mais aussi un peu d'araméen... L'après-midi, je suis retourné dans la tranchée pour continuer à fouiller. On a dégagé le grand mur un peu plus. Il fait exactement 1,56 mètre de large, sur les quelques douze mètres que nous avons dégagé. Selon les spécialistes, c'est une œuvre byzantine et peut-être romaine, vues la régularité et la précision de la construction. Ensuite, nous avons dégagé près du pas de porte un reste de mur. Sur la photo, on voit bien le pas de porte au milieu. Pour vous donner une idée, la partie du mur que je vous ai montrée dans le message du 27 février se situe près de la buse en béton au fond. Évidemment, il y avait plein de tessons de poterie, de verres, des tesselles de mosaïques. Selon le Père Humbert, elles pourraient provenir d'un toit en terrasse garni d'une mosaïque, cela à cause du caractère grossier et irrégulier des pièces. Le soir, je ne me suis pas forcé pour m'endormir. Samedi matin, fouille. Là, j'ai dégagé un morceau de sol insoupçonné en plâtre, il part en pente douce depuis le mur. Ce soir, j'y suis passé : du béton et du sable partout, puisque les ouvriers continuent de travailler... Un brin déprimant.
L'après-midi, j'ai bossé. Vers 18h, je suis parti avec Agnès la volontaire de la bibliothèque pour le monastère des Bénédictines du Mont des Oliviers, pour les gens qui connaissent un peu les lieux, c'est entre le Dominus Flevit et le Carmel du Pater. Les quelques membres de la Communauté de l'Emmanuel présents à Jérusalem avaient organisé une nuit d'adoration. D'abord, un repas bien convivial dans l'appartement des volontaires : deux infirmières qui travaillent à l'hôpital Saint-Louis, une autre qui travaille à Saint-Pierre-en-Gallicante... Nous étions en tout une petite quinzaine. Dont Guillaume, Benoît et Terence, mais aussi Luc et Nathanaël deux séminaristes de l'Emmanuel : sympa de retrouver des gens avec lesquels on peut échanger aussi sur des thèmes spirituels. Puis prière dans la chapelle des Bénédictines. Comme je ne logeais pas sur place, j'ai assuré la permanence de prière de 9 à 11 puis de 5 à 7. J'ai donc traversé une partie de la Vieille Ville tard le soir et tôt le matin, l'ambiance est étrange... Il y a toujours quelqu'un dans la rue. Ensuite, il y a eu la messe présidée par Guillaume, il a comparé Jésus à un jardinier qui bine et qui arrose. Petit déjeuner à l'appartement. L'appartement est sympa mais tout mansardé, ce qui fait qu'il faut sans cesse se baisser pour circuler. Après le petit dèj, on avait encore de l'énergie à revendre et on a fait un temps de louange dans l'oratoire de l'appart'. La fenêtre donne sur la Vieille Ville, splendide...
Sinon, nous sommes allés, seulement un petit groupe à Béthanie, à la tombe de Lazare. C'est à environ vingt minutes de marche du sommet du Mont des Oliviers. Mais c'est de l'autre côté du mur de la haine. A Bethphagé, nous sommes passés devant l'église qui rappelle l'endroit où Jésus est monté sur son âne le jour des Rameaux. Il a fallu passer un checkpoint, le soldat israélien ne parlait qu'hébreu ou russe... Heureusement, Caroline s'est débrouillé avec les trois mots d'hébreu qu'elle connaissait. On a pu passer. Le lieu de Béthanie est enchanteur, surtout avec le splendide soleil, bien chaud. Béthanie est le village où habitaient Lazare, Marthe et Marie. D'ailleurs le nom arabe du village rappelle bien cela, El Azariyeh. Le lieu traditionnel de la tombe de Lazare est situé sous la mosquée de part et d'autre, une église grecque orthodoxe et une église latine. La photo est prise de puis l'église latine, on voit la mosqué au second plan et derrière l'église orthodoxe. Au fond à droite, le mur. Pourtant, Béthanie est un lieu joli, qui était avant le mur une banlieue résidentielle pour les Palestiniens fortunés qui travaillaient à Jérusalem. Mais depuis le Mur, ils ont déménagé en ville pour ne pas perdre leur travail. La situation humaine se dégrade donc dans ce lieu. La polémique suscité par un évêque allemand en visite n'est pas si illégitime que ça. Il a affirmé : "Le matin, nous avons vu au Yad Vashem des photos du ghetto inhumain de Varsovie, le soir nous avons traversé le ghetto de Ramallah (principale ville palestinienne au nord de Jérusalem)". Évidemment, ça ne plait pas à tout le monde. Nous avons vu l'église latine, puis sommes allés dans la tombe. Il faut payer trois shekels à l'arabe devant... Est-ce normal, officiel, légal ? Nul ne le sait, c'est l'orient, les catégories éclatent... Il faut descendre un escalier très raide et très humide et on arrive à une petite salle souterraine qui est la tombe. Là, Benoît a lu le texte évangélique (Jn 11). Et quelques chants sur la résurrection.
Voyez la photo prise par Benoît, de gauche à droite : Nathanaël (séminariste de l'Emmanuel - Diocèse de Paris), Armelle (volontaire française, infirmière à l'hôpital français St-Louis), moi, Guillaume Chevallier, Caroline (Communauté de l'Emmanuel, je connais bien son frère avec lequel j'ai étudié à Fribourg et Rome), Luc (diacre du diocèse du Mans, communauté de l'Emmanuel). On a tous l'air un peu "flanc" mais bon au moins vous voyez les têtes de mes amis.
Puis retour au monastère et Luc nous a ramené à l'Ecole pour le repas. Il a fallu faire un gros détour car la route normale était bloquée par la police. La veille, un arabe est mort à un checkpoint proche de là, les Israéliens disent que le type est mort subitement, les Palestiniens affirment qu'il a été tabassé. Du coup, cela a provoqué quelques jets de pierre et l'arrivée en force de la police.
L'après-midi, certains sont allés à Bethléem mais finalement je n'y suis pas allé, j'étais crevé...
Le soir, j'ai regardé avec Nathanaël le film "Signes". C'est l'histoire d'un pasteur protestant (Mel Gibson) qui vient d'abandonner son ministère à la suite de la mort de sa femme. Apparaissent dans ses champs de maïs des figures géométriques et les martiens débarquent. Le suspense est assez bien mené.
Aujourd'hui, araméen, travail et ce soir, conférence organisé par l’École et le Centre Culturel Français de Jérusalem (côté palestinien : il y a un autre centre culturel côté israélien) : le Père Jean-Baptiste Humbert présentait les résultats d'un fouille réalisée en Jordanie en 1986. Il y avait une forteresse de l'âge du Fer (1000 av. J.-C.) qui intéressait le Père pour ses recherches mais d'abord il a fallu fouiller le palais omeyyade (7°-8° siècle de notre ère) qui était au dessus. Et là, ils ont trouvé des choses splendides, à tel point que la Jordanie a récupéré la fouille... Mais ils ont trouvé des pièces de mobilier ancien tel qu'un brasero très beau. Avec des figurines de femmes nues dansant avec chacune un oiseau différent dans la main. Des pieds en forme de griffons montés sur des roulettes. Sur le devant, des scènes à faire rougir un interne en médecine. C'est étrange de voir à quel point cette première civilisation musulmane était "libérée" : représentations imagées d'hommes et surtout de femmes, figurines érotiques, célébration du vin... Rien à voir avec nos fous furieux d'aujourd'hui...
Demain, nous aurons le cours d'archéologie mais ce sera une conférence pour nous introduire à la visite du Saint-Sépulcre qui aura lieu la semaine prochaine ou dans quinze jours.
Allez aussi faire un tour sur le lien "Foot et Foi : l'exemple du PSG". Il y a des choses sympas !
Étienne+

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