samedi 5 décembre 2015

Ce fut alors la Dédicace à Jérusalem, c’était l’hiver

Ἐγένετο τότε τὰ ἐγκαίνια ἐν τοῖς Ἱεροσολύμοις, χειμὼν ἦν.
Egeneto tote ta enkainia en tois Hierosolymois, cheimôn èn (Jn 10,22)

Chers amis
Je sais que certains de mes paroissiens n’en croiront pas leurs yeux, mais, en ce moment à Jérusalem, on se pèle, ça caille... Depuis deux jours la douceur automnale a laissé la place à la rigueur de l’hiver. En ville, on voit apparaître les décorations de Noël, euh pardon… de Ḥanoukkah
Ḥanoukkah vient de la racine hébraïque ḥnk qui signifie « inaugurer », et c’est le nom de la fête qui commémore la dédicace du Temple de Jérusalem. On retrouve la racine en 1R 8,63, pour la dédicace du Temple par Salomon. Mais, ce n’est pas cette dédicace que Ḥanoukkah commémore… Il s’agit en fait de la purification du Temple accomplie par les Maccabées en 164 avant Jésus-Christ. La Judée était alors soumise, depuis Alexandre le Grand, aux Grecs, d’abord les Lagides (les Ptolémées d’Égypte), puis les Séleucides. Le roi séleucide, Antiochos IV Épiphane, désirait implanter profondément la culture grecque en Judée et, pour cela, il avait consacré le temple de Jérusalem à des dieux païens (Jupiter, ou Baal Shamem, c’est le même) ; pour éradiquer la religion juive, il fait sacrifier des porcs dans le Temple et interdit la circoncision.
À ce moment-là, Matthatias, prêtre d’une petite ville de la plaine côtière, se révolte : il tue le soldat qui était chargé de lui faire accomplir le sacrifice et s’enfuit avec ses cinq fils pour soulever le pays. Le plus connu des cinq fils, Judas surnommé Maccabée (מקבי, signifie marteau = un peu comme Charles Martel qui refusait, lui aussi, une influence étrangère) profite de la mort d’Antiochus pour reprendre le temple de Jérusalem et le rendre au culte juif.

« Le vingt-cinquième jour du neuvième mois, c’est-à-dire le mois de Kisléou, en l’année 148, de grand matin, les prêtres offrirent le sacrifice prescrit par la Loi sur le nouvel autel qu’ils avaient construit. On fit la dédicace de l’autel au chant des hymnes, au son des cithares, des harpes et des cymbales. C’était juste l’anniversaire du jour où les païens l’avaient profané. (…) Pendant huit jours, ils célébrèrent la dédicace de l’autel, en offrant, dans l’allégresse, des holocaustes, des sacrifices de communion et d’action de grâce. (…) Judas Maccabée décida, avec ses frères et toute l’assemblée d’Israël, que l’anniversaire de la dédicace de l’autel serait célébré pendant huit jours chaque année à cette date, dans la joie et l’allégresse. » (1M 4,52-59). Une vingtaine d’années plus tard, vers 142, la dynastie des Hasmonéens, descendante de Simon, le dernier des cinq fils de Matthatias va réussir à imposer un royaume juif relativement indépendant. Souvent, Ḥanoukkah est présentée par les juifs comme l’anniversaire d’une résistance culturelle à une culture païenne et étrangère. C’est partiellement vrai parce qu’en fait, les Hasmonéens étaient complètement hellénisés : ils portaient des noms grecs : Alexandre Jannée, Johanan Hyrcan, Alexandra Salomé, Aristobule…
La fête dure donc huit jours et cela commence demain. De fait, Ḥanoukkah a souvent lieu un peu avant ou pendant Noël. C’est pour cela que les décorations de Ḥanoukkah peuvent être prises par nous, occidentaux étroits, pour des décorations de Noël.
Il y a d’autres histoires avec Ḥanoukkah mais j’en garde pour la prochaine chronique.

Depuis mes aventures de jeudi dernier, la vie a repris son cours, le plus normalement possible. Heureusement que je ne vis pas seul car la soirée de jeudi m’a permis de verbaliser, d’échanger avec les Frères... Hier dans le journal, il y avait un article. J’ai reconnu la photo de l’endroit mais écrit en arabe, j’en suis réduit à admirer la typographie...
Vendredi, cours sur saint Marc le matin puis travail en bibliothèque. À midi, nouvelle destination pour la messe. Il y a un prêtre à la Maison d’Abraham pendant tout le mois décembre, du coup, je peux rendre service à l’Ecce Homo, sur la Via Dolorosa. La maison est historiquement tenue par les Sœurs de Notre-Dame de Sion mais une équipe du Chemin Neuf les assiste. L’église de l’Ecce Homo fut construite, comme beaucoup à la fin du xixe siècle. Le chœur de l’église correspond à un arc de l’époque romaine, dont on croyait qu’il correspondait à celui où Jésus avait été montré à la foule par Pilate avec ces mots « Voici l’homme », en latin « Ecce homo » (Jn 19,5). Au sous-sol, lors de la construction du couvent, on découvrit un dallage, identifié à ce moment au λιθόστρωτος (lithostrôtos, en hébreu Gabbatha, cf. Jn 19,13), d’autant que sur une des dalles était gravé un plateau de jeu, dit « Jeu du roi »… C’était pour le moins évocateur, mais la datation actuelle des vestiges les associe plutôt à l’époque de l’empereur Hadrien, soit une centaine d’années après la passion de Jésus. Il n’empêche que le lieu est magnifique et plein de paix alors que la Via Dolorosa et le quartier musulman sont agités.
Après la messe, repas avec les Sœurs. Et surtout joli vue depuis la terrasse : on domine le quartier musulman et on a une vue plongeante sue l’esplanade des Mosquées. En plus le temps était de la partie : pas un nuage dans le ciel. L’après-midi, bibli (what did you expect ?)
Ce matin, j’ai bossé au Collège (flemme d’aller à l’ÉBAF) j’ai lu un bouquin sur saint Paul pour un exposé dans 15 jours. Ça m’a l’air moins intéressant que celui de Sanders, il y a deux mois. J’ai fait une pause pour me réchauffer avec un café. Je pensais naïvement que sur la terrasse le soleil me réchaufferait... Mais c’était encore pire. J’ai trouvé le petit salon avec sa baie vitrée, orientée plein sud. Et enfin, il faisait bon. Dans l’après-midi, balade au gré du soleil (je n’ai pas regretté mon vieux caban chiné 20 € il y a cinq ans). Au parc Sacher, j’ai vu les familles avec lesquelles j’ai passé l’autre dimanche qui jouaient au rugby avec les enfants. Une combine se monte pour aller chanter Vêpres le lendemain avec les moines et moniales d’Abu Gosh dans le désert en l’honneur de saint Jean Baptiste.
Je ne rentre pas trop tard pour aller assister au Concert de Noël des écoles, au centre Notre-Dame, juste en face du Collège, en sortant par la Porte neuve. Onze écoles de Jérusalem et des environs avec chacune un chant (7 min maximum).
Regardez ce que donnent les filles de l’école des Sœurs du Rosaire de Jérusalem.

J’ai la surprise de retrouver Michèle, madame la proviseure du Lycée français de Jérusalem. C’est son mari qui est proviseur. Elle, je la connais car elle suit le cours de topographie de l’ÉBAF. Son mari avait une place réservée mais pas elle, donc on a passé le concert ensemble et on a bien rigolé. Au début, le chantre de la paroisse grecque orthodoxe a chanté quelque chose en arabe et tout le monde s’est levé. Vers la fin, je comprends deux ou trois mots et réalise qu’il cantilait simplement le récit de la Nativité dans l’évangile selon saint Luc.
Le lycée français a fait deux chants très "laïcs et républicains" (le renne au nez rouge et « tes yeux se voilent, écoute les étoiles… »(, alors que les autres ont fait du traditionnel : on a même eu droit à Minuit, chrétiens en anglais. Et le collège des Frères a fait une sorte de crèche vivante, c’était très mignon. Pas besoin de vous préciser ce que racontait le chant, tout est dit dans le mime…

A bientôt, que Dieu vous bénisse et vous donne d'attendre, dans la paix, la venue de son Fils,
Étienne+

jeudi 3 décembre 2015

Car leur cœur rugit la violence (Pr 24,2)



Kî-shod yehgeh libbam 
כי־שוד יהגה לבם


Chers amis,
Je suis un peu chamboulé par ce dont je viens d'être témoin... Cet après-midi, j'ai travaillé un bon moment à la bibliothèque, un peu l'Apocalypse, un peu la recension antiochienne du texte grec de l'Ancien Testament (un confrère de NDV qui sous-traite...). Vers 17h00, comme j'avais fini ce que je voulais faire, que la flemme me prenait, j'ai bouclé mes affaires, éteint ma lampe. Je récupère ma carte de bibliothèque à l'accueil de l’École et je prends mon chemin vers le Collège.
En arrivant au carrefour avec la rue des Prophètes (Reob HaNeviim), j'entends une détonation... Tellement ridicule que j'ai cru à des enfants jouant avec des pétards... Puis une série d'autres détonations. Sur le passage-piéton que je m'apprêtais à franchir, je vois trois juifs orthodoxes qui ont un geste de recul.  Je m'approche du passage-piéton et aperçois au coin du bâtiment une voiture de police avec un homme à terre et deux policiers qui pointent une arme sur lui. Les policiers crient et font des gestes que j'interprète comme une invitation à quitter les lieux. Je suis à dix ou douze mètres de l'homme à terre.
En rouge, mon chemin depuis l’École Biblique ; la croix verte c'est la voiture de police et le point bleu c'est là où je me trouvais au moment où les coups de feu ont éclaté.

Je traverse et à ce moment-là, les sirènes commencent à strider : secours, police... Des soldats et des policiers qui courent ici et là.

De l'autre côté de la rue, je me suis arrêté pour regarder de loin, j'ai pris une petite vidéo. En fait, je n'y pensai pas mais j'ai vu des tas de gens faire ça... Le point névralgique est derrière le bus blanc au milieu. Moi j'étais arrivé depuis le bord gauche de l'image et on voit bien le coin du bâtiment derrière lequel j'étais au moment où les coups de feu ont éclaté. 
Photo Israpresse
 Et je suis reparti vers le Collège, j'avais les jambes en coton.
J'ai croisé un français paroissien de la Qehillah (paroisse hébréophone) puis une étudiante de l'École, ce qui a permis de verbaliser un peu tout ça...
Quelle violence...  Voici le lien vers un article.
Ça va un peu mieux, je suis sain et sauf.
A bientôt, avec j'espère des nouvelles plus réjouissantes,
Étienne+

mercredi 2 décembre 2015

Voici que David est dans le désert d’Ein Gédi (1S 24,2)

Hinneh David bemidvar ‘Ein Gédî
הנה דוד במדבר עין גדי

Chers amis,
Quelle belle journée que celle de ce mardi ! Nous avions notre excursion mensuelle. En fait, la veille, j’ai passé la journée à la bibliothèque, toujours sur mes problèmes de syriaque et un peu pour préparer la journée du lendemain.
Après la messe matinale avec les Frères, j’avais rendez-vous à 7h00 à l’École. Je retrouve le groupe, nous montons dans le bus qui nous accompagnera toute la journée. Il a fallu déjà sortir de Jérusalem (bon courage !) puis patienter pour passer à Beth Shémesh (à cause des travaux qui occasionnent de bouchons = bon courage !) et enfin poireauter pour franchir le carrefour de Beer Shéva (bon courage !) Finalement, au lieu d’arriver à Tel Arad, notre première destination, aux environs de 9 heures, comme prévu, nous avons débarqué vers les 10 heures moins 20…
Tel Arad se situe au nord du désert du Néguev (le grand désert du sud d’Israël). Les précipitations y sont légèrement inférieures à 250 mm par an et il n’y a pas vraiment de sources dans les environs. Le sol est fait de lœss, une roche imperméable qui permet le ravinement. L’avantage de Tel Arad, c’est qu’il y a deux sites en un ! puisque on distingue deux périodes d’occupation du site. Tout d’abord une immense (52 ha) cité de l’âge du Bronze ancien (3ème millénaire avant J.-C.), entourée d’une épaisse muraille. Les habitations sont construites sur le même plan : une cour enclose d’un mur sur laquelle donnent une maison à une pièce et différents éléments (enclos, stockage, cuisine…). Dans un coin, les archéologues ont dégagé des structures identifiés à des palais et à des temples jumeaux. Enfin, un grand puits témoigne du système rudimentaire de stockage de l’eau. Au départ, un bassin collecteur qui fut dans les occupations ultérieures transformé en puits.
Temple "israélite" de Tel Arad
Cour avec autel
Saint - Hékâl
Saint des Saints - Debîr

Dans le coin nord-est de la cité cananéenne, on observe une hauteur d’une vingtaine de mètres de haut, occupée par une forteresse carrée, qui date de l’époque du Fer II, c'est-à-dire “en français” du xe au vie siècle av. J.-C., que l’on appelle ici aussi époque israélite puisque c’est la période du royaume de Juda selon la chronologie classique de la région. La forteresse n’est pas très grande (une cinquantaine de mètres de côté) mais elle recèle en son sein un trésor archéologique… Un temple… Sa structure est à la fois semblable et différente de celle de son contemporain de Jérusalem, tel que la Bible le décrit (1R 6). On a bien la succession des espaces du plus ouvert au plus fermé, du lieu des sacrifices, avec son autel, jusqu’au saint des saints, lieu où la divinité réside. Mais les proportions sont différentes.
Dans le saint des saints, ici, pas d’arche d’alliance… mais des pierres dressées pour représenter la présence de Dieu. Cela montre qu’à l’époque, on avait du mal à faire en sorte que le seul lieu de culte soit à Jérusalem et comme il y a deux pierres dans le saint des saints, on voit aussi qu’on avait du mal à n’adorer qu’un seul dieu…
Dans un coin de la forteresse, on a aussi retrouvé les archives d’Éliashib, le commandant de la forteresse. Sur des ostraca, des tessons de poteries utilisés pour écrire, on peut lire sa correspondance avec les autres commandants de places fortes de la région.

À cause du retard, nous avons visité le site un peu rapidement… en commençant par la fin, c'est-à-dire par la forteresse israélite puis Rosemary nous a montré la cité cananéenne. J’avais visité le site en mars 2007 et c’était magnifique ! Le site, abreuvé par les pluies hivernales, verdoyait sous le soleil et des milliers de fleurs blanches le couvraient. Aujourd’hui, nous n’en étions pas là ; tout était pelé, encore assoiffé, les premières pluies d’automne n’ont pas produit leur effet. Mais la grisaille et le crachin de la matinée nous a accordé de superbes couleurs et jeux de lumière, tout au long de la journée. Regardez les photos pour comparer.
        Mars 2007     -     Décembre 2015
Après la visite, nous avons rembarqué dans le bus et sommes descendus dans la dépression de la Mer Morte. La forteresse d’Arad culmine à 576 m et la Mer Morte à – 400 m… Imaginez la descente.
Petit arrêt à Ein Boqeq, un complexe d’hôtels étoilés pour clients désœuvrés et paresseux, afin de pique-niquer. Le dessert a été agrémenté de deux gâteaux préparés par deux étudiantes en l’honneur de l’anniversaire du P. Dominique-Marie, notre guide et professeur. Quelques-uns en ont profité pour se baigner dans la Mer morte. Je dois avouer que je me suis vu vieilli parce que ce genre de baignade ne me captive plus vraiment. Se sentir huileux et se baigner dans de la soupe trop salée, je n’y suis plus prêt…
Quelques kilomètres de route, passage sous le site de Massada, et arrêt à Ein Gedi.
Cascade de David
Dans cette dépression de la Mer Morte, où tout est tué par la chaleur, la sécheresse et le sel, jaillissent des sources, qui portent la vie au cœur de la solitude désolée. Le lieu est cité dans la Bible, car David y a trouvé refuge lorsque la fureur du roi Saül le poursuivait (1S 24). Dans la grotte où il s’était caché, Saül était allé “là où le roi va seul” et le jeune David a renoncé à tirer parti de cette situation embarrassante pour le tuer… Il n’a pas porté la main sur l’Oint du Seigneur (cf. 1S 24,11). On dit aussi que c’est à Ein Gedi que le roi Salomon a composé le Cantique des Cantiques et, dans ce livre, la Bien-Aimée n’hésite pas à comparer son Bien-Aimé à « une grappe de cypre dans les vignes d’En Gedi » (Ct 1,14). En haut du Wadi David, on montre la grotte du Bien-Aimé (DVD), qui est, hébraïquement parlant, un homonyme de David (DVD).
Dans la TOB, on a traduit le nom du lieu par “Font-au-Biquet”, c’est mignon et correspond à peu près au sens du mot : « Ein », c’est la source ; « Gedi », c’est le chevreau. De fait, en plus du site archéologique, Ein Gedi est surtout une magnifique réserve naturelle : jujubier spinachristi (devinez à quoi il a servi…), acacia, pommier de Sodome… Et comme animaux on voit surtout les ibex et les damans dont on parle dans le psaume : « aux chamois, les hautes montagnes ; aux marmottes, l'abri des rochers » (Ps 103,18). Comme vous l’avez remarqué, chamois et marmottes sont une traduction pour nous, pauvres français qui avons besoin de repères, mais il faudrait dire « aux ibex, les hautes montagnes ; aux damans, l’abri des rochers ». En plus le daman (ou hyrax) n’est pas un rongeur comme la marmotte mais un périssodactyle, apparenté au… rhinocéros ! La nuit, on peut observer des loups, des renards et des hyènes. L’ibex est un petit bouquetin très agile. Ceux que l’on voit à Ein Gedi ne sont pas farouches, habitués qu’ils sont à voir déambuler ces drôles de bipèdes affublés de tenues bariolées.
Traquet à queue noire - Ibex mâle                    
Le bus nous a laissé et nous avons fait une belle grimpette (qui m’a semblé plus courte que dans mes souvenirs !) pour atteindre le temple chalcolithique. Non, le chalcolithique, ce n’est pas une religion… c’est une période de la préhistoire et même la dernière d’entre elles. Peu avant l’arrivée au temple, nous nous sommes arrêtés à la source principale du site qui porte le même nom.
Temple chalcolithique
Près d’elle, un gros rocher avec de petits trous ronds, que les archéologues ont interprétés comme des meules rudimentaires où l’on broyait le grain pour faire des pains offerts à la divinité du temple. Le temple est assez petit : on voit quelques murets retapés qui forment un enclos avec deux bâtiments rectangulaires. Les objets retrouvés (ossements d’animaux, céramiques…) ont permis d’interpréter le site comme un lieu de culte. À quelques kilomètres au sud du Temple, on a retrouvé un trésor de 429 objets en cuivre et on pense qu’ils peuvent provenir de ce temple. Le panorama sur la Mer Morte et la Jordanie offrait un délice pour les yeux. La pluie du matin avait éclairci l’atmosphère et on voyait les monts de Moab dans lesquels la lumière du soleil jouait. Quelle splendeur ! J’ai pris plein de photos mais ça ne rend pas du tout.
Descente du temple par l’autre côté, dans le Wadi David. Nous avons vu la belle cascade et une troupe d’ibex.
La journée s’est achevée par la découverte d’une synagogue de l’époque byzantine.
On sait par Eusèbe de Césarée (mort en 340) qu’Ein Gedi était à l’époque un très gros village juif. Ce n’était donc pas surprenant de découvrir une synagogue. Comme à l’accoutumée, le sol est orné de mosaïques, mais ici, pas de motifs humains mais des paons tenant dans le bec des grappes de raisins et des motifs géométriques. Ou encore trois petites ménorahs (chandelier à sept branches) très délicates. Comme je connaissais le lieu, j’avais proposé au P. Dominique-Marie de faire la présentation. Dans le bas-côté ouest, une inscription araméenne voue à la malédiction ceux qui divulguent les secrets de la ville aux païens… Quel est le secret de la ville ? C’est encore aujourd’hui un secret. Si vous avez une idée…
La Jordanie vue depuis Ein Gedi
 Après cela, il était déjà 16 heures, le parc fermait et nous avons regagné Jérusalem. Un petit arrêt toutefois pour photographier le paysage. Avouez qu'il y avait de quoi s'en mettre plein les yeux ! Arrivée à Jérusalem vers 17 h 15. Douche, oraison, vêpres, repas avec les Frères. En ce moment, le Fr. Albert d’Amman est là pour faire renouveler son permis de résidence en Israël… Et dire qu’il est né ici à Jérusalem…
À bientôt,
Étienne+